Pourquoi « Arrival » devrait gagner l’Oscar du meilleur film mais ça n’arrivera pas.

J’ai vu tous les films en lice pour l’Oscar dans la catégorie du meilleur film. Trois en sont sortis de l’ordinaire : « Arrival », « La La Land » et « Manchester by the Sea ».Trois films dans des registres très différents qui font vivre à celui ou celle qui les regarde des émotions fortes.

« Manchester by the Sea » touche surtout par la puissance des états d’âmes qu’il dévoile. L’histoire est tellement tragique que personne ne peut sortir du cinéma sans se sentir carrément vidé par tout ce que les personnages vivent. Le jeu de Casey Affleck apporte à ce film sa particularité : cette sensation de vide, de lourdeur, ce sentiment d’impuissance devant la plus horrible des fatalités. Si Casey Affleck ne gagne pas l’Oscar pour le meilleur acteur en rôle principale ce sera une grande injustice.

La La Land… Un film qui se veut (et qui l’est) – d’ailleurs, plusieurs l’ont déjà dit- une ode au cinéma. C’est le cinéma qui parle du cinéma, une très réussite mise en abyme. Le film est d’une beauté claire mais assez limpide quant à ce que veut proposer comme message. On comprend l’enjeu assez rapidement: to tell the story or to live it? This is the question! Et si on décide de raconter l’histoire, eh bien, il faudra payer le prix et sacrifier ce qu’il faut pour que le Dieu du 7ème Art soit satisfait! Et avec lui, nous, les spectateurs, seront également satisfaits, car le sacrifice est fait aussi pour nous, pour que nous puissions nous abreuvoir à cette source inépuisable qui est l’art, La La Land…
Toutefois, ce n’est pas un film que je verrais une deuxième fois. Mais j’écouterai sa musique plus qu’une fois, cela sans aucun doute! Il reste que La La Land conquiert par sa beauté, par toutes les références au cinéma et à son histoire, ce qui apporte à ce film une touche raffinée de nostalgie. Et que dire du baiser le plus romantique qu’on ait pu voir sur grand écran depuis « Cinéma Paradiso! »

Avant de parler de « Arrival »… Ce qui différencie un grand film d’un film ordinaire (car un très bon film peut être ordinaire) c’est sa capacité de nous provoquer encore… et encore… et encore. Un film qu’on peut regarder une deuxième fois, même une troisième, une quatrième fois et qu’à chaque visionnement il permet de découvrir une autre couche, d’explorer un autre aspect, de se poser de nouvelles questions…
C’est pour cela que, malgré le fait que « Manchester by the Sea » et « La La Land » sont de très bons films, des films que j’ai énormément aimés, je ne les qualifierais pas comme étant de grands films.
De façon générale, les grands films ne se retrouvent pas dans la liste des Oscar : les films de Tarcovsky, Bergmann, Roy Andersson ce sont des oeuvres d’art qui forment une catégorie à part. Ils nous transportent vers le transcendantal. J’inclurais dans cette catégorie aussi « One flew over a coucou’s nest » de Milos Forman, « Mulholland Drive » de David Lynch et « A separation » d’Asghar Farhadi . Des films qu’on peut revoir encore et encore et chaque fois on est surpris, on découvre quelque chose de nouveau, on réinterprète une réplique, une scène, un détail d’une façon différente, ce qui nous amène à saisir d’autres significations.

Pour toutes ces raisons, « Arrival » de Danny Villeneuve est un film qui pourrait rester dans l’histoire du cinéma comme un grand film. Je l’ai vu deux fois. La première ce fût un émerveillement dû à l’histoire qui y est racontée. Grâce à mon court passé de linguiste, j’ai évidemment pleuré lorsque Dre. Louise Banks réussit à trouver la clé pour communiquer avec ces êtres venus d’ailleurs. Comme disait une connaissance : « Linguistics is so beautiful! » . Well, I cannot agree more. Mais au-delà de l’histoire, “Arrival” propose des réflexions tellement complexes! Et c’est dans ce large éventail de perceptions qui peuvent emmener à autant d’interprétations que nous retrouvons la particularité de ce film, ce qui le rend si diffèrent et ce qui le propulse vers un autre niveau, vers Tarcovski, vers Bergman, vers les grands.
« Arrival », un grand film qui ne gagnera pas l’Oscar du meilleur film le 26 février prochain. Il est trop maniéré dans sa façon de nous faire vivre des émotions et trop subtil quant à ce qu’il propose comme thèmes de réflexions et les membres de l’Académie semblent aimer plutôt la limpidité des idées et la force brute des traumas.

D’ailleurs, ce constat m’amène à parler de deux films en lice pour le prix du meilleur film en langue étrangère. J’en ai vu deux et les deux sont exceptionnels. « The Salesman » d’Asgahr Farhadi et « Toni Erdmann » de Maren Ade.
J’ai été enthousiasmée après avoir vu « Toni Erdmann ». Il a le mérite d’être original dans ces temps où il est très difficile de proposer quelque chose de nouveau au cinéma, car presque tout a été dit et ça, de toutes les façons possibles. Mais … « Toni Erdmann » réussit à nous surprendre surtout dans la manière de dire, un peu trop longue peut-être au goût de certains, car le message on le comprend asses rapidement. Mais le charme de ce film réside dans la surprise : des scènes absurdes et grotesques qui se mêlent à un fond réaliste très… propre. Est-ce que je le reverrais? Peut-être pas, puisqu’il m’a livré le message et la surprise ne serait plus là.

Est-ce que je reverrai « The Salesman » ? Certainement. Ce film parle tellement par des non-dits, les personnages sont si complexes par ce qu’ils vivent et surtout par ce qu’ils suggèrent que l’introspection peut se poursuivre longtemps grâce aux questions qu’il nous fait nous poser. La force de Farhadi est qu’il nous propose toujours des personnages auxquels nous pouvions nous identifier. Tout est loin d’être simple dans ce qu’il raconte, autant au niveau des situations que des personnages. Et il nous est toujours très difficile de juger, de trancher dans les films de Farhadi. On se sent vite exposé, on se dit vite : « Je pourrais être celui-là, ou celle-là, même si je déteste ce qu’il/elle a fait…je pourrais en fait réagir de la même manière, je pourrais décider de la même façon, même si je ne l’aurais jamais cru ». Une force tranquille ce film de Farhadi, comme une rivière, mais oh combien puissante! Il devrait gagner l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, mais ce sera « Toni Erdmann » cette fois-ci!

Comme dans le cas de « Arrival », « The Salesman » sera battu par la limpidité et la force brute.

Fragment

Invatase in cele din urma sa traiasca cu durerea pe care o indesa cit mai adinc in suflet. Invatase sa nu o mai simta altfel decit cum simti o umbra. O accepta ca pe ceva ce facea parte din fiinta ei, ceva de care nu se mai putea desparti niciodata. O simtea uneori apasind oarecum greu undeva in capul pieptului, ca si cum ceva ar fi oprit-o sa respire pina la capat. Se mingiia spunindu-si ca exista alte nenorociri, mai mari, mai cumplite si mai adevarate. Nenorociri pe care nici nu-si putea imagina ca ar fi capabila sa le suporte, sa le duca, asa cum ducea povara acestei dureri, de ani de zile. Invatase atit de bine sa traiasca in prezenta ei permanenta, incit incepuse sa se intrebe ce ar deveni ea daca, printr-o minune, durerea aceasta ar disparea.

Copilărie

Oh! Cât timp trecu!
Miriapozi cu lungi meschine trupuri,
solzoși cu mici mizerii străbătând nisipul…
Oh! Vino Doamne
suflând nebănuit –
ce-am mai făcut?
Și ce-am făcut,
în sterpe săli de cinema?
Unde s-au dus, când au murit,
nenorociții noștri de milogi?
Să fie El?
În orice șleampăt beat
cu mâna-ntinsă-n centru, ce șade răstignit,
și urlă-n limba-Ți neștiută:
De ce-ai murit?

De ce-ai murit,
tu inimă nebună?
Revino!
Iar!
Să tremuri!
Cald!
Când fulgul dalb
coboară strâmb pe visul geam,
păzind sălbatec,
un ultim prunc pribeag…

Dar nu pica!
Oh, nu! Nu pica și tu,
din lanul de secară!
O clipă, fu…
Se duse…

Țimțum, Țimțum

miroase-n frunze iar a scrum
aud trecând prin șuier fum
și începe iar o lume strâmb,
țimțum, țimțum

oh, mic copil plăpând
ce cade blând
trecând prin nenceputul frânt
in ritm tălâmb
țimțum, țimțum

și pași-s sânge ud plângând,
oh mamă! mort pe caldarâm
cu sufletul nebun
și fum
țimțum, țimțum

Un popă tâmp
se-nchină iară la Mamun
pucioasă, scrum,
țimțum, țimțum.

dac-aș porni cu pumnu-mi strâmb,
să fie fum, să îi zugrum
să fie iar un început de drum,
țimțum, țimțum…

Mihai

Ginduri recunoscatoare

Ce ne-am face fara depresiile toamnei? Ce ne-am face fara poeti? Noroc de ele, noroc de ei, caci astfel ne mai apropiem si noi, oamenii de rind, de poezie. Astfel ne salvam de rutina ucigatoare a muncii remunerate, de griu-ul si nonsensul existentei noastre de sclavi.
Ce ne mai poate salva… poate ideea ca :

What a man does for pay is of little significance. What he is, as a sensitive instrument responsive to the world’s beauty, is everything!

HPL in a letter to Maurice W. Moe, January 1929

Capacitatea de a raspunde frumusetii din jur, ce bine spus, celei create de Dumnezeu si desigur celei create de oameni, de poeti, si, as zice eu, capacitatea de a percepe aceasta frumusete, de a o intui, de a o aprecia, de a fi constienti ca exista, ca a fost creata pentru noi. Nu trebuie decit sa ne deschidem catre ea, sa o primim, si astfel ne putem salva, ba chiar avem o sansa sa fim, in cele din urma…fericiti.

Toamnă

Cad frunzele, cad de departe, parcă
s-ar veşteji în ceruri grădini îndepărtate;
cu gesturi de negare cad mereu.

Şi cade-n nopţi adînci pămîntul greu
de lîngă stele în singurătate.

Noi toţi cădem. Mîna de colo cade.
Şi altele, şi toate, rînd pe rînd.

Dar este Unul care ţine-n mînă
căderea asta, nesfirşit de blînd.

E o lirica aproape imposibil de suportat in poezia lui Rilke…
Si in acelasi timp… o impacare absoluta. Cit despre Philippide, e o poezie traducerea insasi.

Toamna

Ne recunoaștem din ce în ce mai greu
în pijamalele noastre cu găuri.

Îmbrăcați sumar, în pas de execuții,
miresmele toamnei se abat peste noi,
cu palpitații pleșuve.

Ne vorbim în gângureli de copii,
când cerul e roșu,
și se alungă spre mov.

Mai lasă să treacă o iarnă,
Și-apoi om vedea….

Mihai

Picatura de poezie: Un poème “kunderien”

Nostos algos

by Anatoly Orlovsky

j’être

un hautbois

… que d’astres?

une fugue blanche

une autre lune coule dans tes os

dans ce myocarde

ta Moravie fugue rance

quelle pierre dès lors

en quel exil

cette vacillante p(l)énombre

et tes orages d’outretonique clarté,

Léos Janacek tes cercles lie-de-vin

tes neiges éclipses triple forte

(apréhender l’abîme)

piano soudain piano-nouvelle-Sélène

de tes nuits sans air

telle intra-lune, en somme,

sans paroi d’air

t’réastre(s)

Floride Vienne Sibérie Carthage

notre célesta-douleur des immigrés

des ombres de quelle antiphonie trompe-cœur

ô déferlante je t’fore te crible écris te noie ma terre-Léos-Janacek te crible démystifie cadastre

te ressuscite te porte sans rives ni ossature t’écris broie ruine annihile t’ensevelis et blesse te

rafle te poétise à l’orée de quel

j’être

Nu mai vreau primăvară

Să ne ascundem tăcuți sub zăpada murdară,
ascultând adormiți, picurând,
țurțurii inimii noastre.
M-am săturat de verile roșii,
lăsând dupa ele,
miresme de fum.
N-am sa mai vreau nici toamne.
Lasă-l să doarmă pe Rilke.
Om urla asmuțiți de nămeți.
Să șuiere vântul tiptil dând târcoale
igluului nostru sleit.
Facă-se voia reginei de gheață,
să cearna cu fulgii
de sânge-nchegat.
S-avem ca unica rază de soare
ultima borta de cui.

Mihai Sava

Picătura de poezie

THE LAUGHING HEART
by Charles Bukowski

your life is your life
don’t let it be clubbed into dank submission.
be on the watch.
there are ways out.
there is a light somewhere.
it may not be much light but
it beats the darkness.
be on the watch.
the gods will offer you chances.
know them.
take them.
you can’t beat death but
you can beat death in life, sometimes
and the more often you learn to do it,
the more light there will be.
your life is your life.
know it while you have it.
you are marvelous
the gods wait to delight
in you.